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Olivier Soudieux
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La montagne est un lieu de contemplation. C'est aussi un lieu de compétition, donc d'entraînement à la performance sportive pure. Dans une vallée reculée, un spécialiste des courses de ski alpinisme s'entraîne, deux jours avant la fermeture officielle de la route en raison de l'hiver.
Il se met à neiger alors qu'il gravit les pentes à la vitesse de la lumière et les redescend comme une fusée venue des cimes. En milieu d'après-midi, les flocons se font de plus en plus nombreux. L'homme a déjà accumulé un dénivelé conséquent mais il se sent en bonne forme. Il réalise un nouvel aller-retour sur un sommet secondaire.
Quand il rejoint son véhicule, une imprévisible coulée de neige coupe la route. C'est à pied qu'il devra rejoindre, en plusieurs heures, le prochain village. Toute la nuit, la neige tombe, dense. Au point que la décision est prise de fermer définitivement la route pour l'hiver. Au printemps, il retrouvera sa voiture. Les cycles de gel et dégel auront rendu inutilisables toutes les pièces en caoutchouc du pare-brise et des portières.
Malchance ou incident dont le compétiteur a favorisé l'apparition ? Deux facteurs de risque existaient dès le premier instant : il était prévu de fermer la route sous peu et la neige est rapidement apparue. S'entraîner ailleurs ce jour-là était-il impossible ?
Lorsque la chute de neige s'est montrée plus intensive, sans doute aurait-il été bienvenu de constater l'évolution du risque et renoncer à la dernière ascension. Mais est-il simple de rester à l'écoute des changements lorsque l'on court ? Certaines limites sont faites pour être respectées, d'autres pour être dépassées. Mais même dans le second cas, il faut savoir jusqu'où aller trop loin !