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Olivier Soudieux
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Un bénévole diplômé emmène des participants en montagne dans le cadre d'une sortie organisée par un club. Un des participants fait une chute qui arrache les pitons sensés sécuriser sa progression et celle de son partenaire. Bilan: un mort et un blessé.
Hier, on aurait dit que tout ne peut pas être contrôlé en montagne, que l'encadrant était bien intentionné, qu'il organise la sortie sur son temps personnel, à titre bénévole. On aurait dit qu'il est condamné de fait, à porter le traumatisme de cette évènement.
Aujourd'hui, l'opinion veut comprendre. Souvent, *à priori*, elle
suppose que l'encadrant a mal fait. La fonction de la justice n'est plus
seulement de réparer au civil et de punir au pénal.
Il faut un coupable. Et souvent s'il y en a plusieurs, c'est encore mieux.
Si ce n'est pas l'auteur de l'acte, c'est son employeur, son président de club, un certificateur ou le chat de sa voisine. Mais " Il faut que quelqu'un paie ! ".
Il est certain que mettre un nom sur un ou des coupables possède
la vertu d'aider les victimes à faire leur deuil. Mais aucun action,
aucun milieu ne peut être sécurisé à cent pour
cent.
Soyons raisonnablement exigeants, particulièrement dans les environnements
exposés. Demandons à un guide de faire s'arrêter ses
clients aux endroits les plus abrités de chutes de pierres et des
avalanches. Et exigeons de lui d'assumer toutes les conséquences
s'il ne l'a pas fait.
Mais n'exigeons pas aussi qu'il soit impossible qu'une roche ne puisse tomber,
même aux endroits les plus abrités. Sauf à la raser
entièrement, la montagne, c'est pointu !
"La Montagne, c'est pointu !", un livre de Pierre Chapoutot