Sagesses d'experts

N° 16

Le bon sens de l'expérience

de James Dillon
et Brigitte Warnez

Nouveau livre!

Réussir le défi du changement en 7 étapes

" Quand les ours écoutent les lapins "


Les pistes pour anticiper et rebondir dans des situations de changement!

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Olivier Soudieux

Créateur
de performance sereine

Intelligence Emotionnelle

Tirer profit de la peur

Traverser l'Himalaya à pied durant un an a été une aventure guidée par des finalités positives, dont une soif de découverte et un désir de dépassement de soi. Parmi mes motivations figurait l'idée que cette expérience allait me rendre plus juste, plus confiant, plus ouvert sur le monde.

Une telle expédition est aussi, bien sûr, une fabuleuse aventure : un voyage initiatique au pays des émotions, avec toutes les couleurs de la vie.

Peut-être est ce pourquoi une question m'a été posée presque à chacune des plus de 300 conférences qui ont suivi cette traversée : n'avez-vous jamais peur ?

Ma réponse : si, et heureusement !

Chaque émotion a son utilité. La peur est causée par l'existence d'un danger. Sa vertu est de nous informer de la présence d'un possible péril, afin de nous en protéger.

C'est la peur qui nous a m'indiqué, de ne pas s'aventurer plus avant au col Tarekang La. Merci à elle !

Carole et moi nous étions déjà perdus plusieurs fois, et en cas de (probable !) nouvelle erreur nous aurions manqué de nourriture dans de telles proportions qu'un retour au dernier village eut été déraisonnablement aléatoire.

Peur, moi ? Jamais !
L'homme invulnérable est un mythe. Ne jamais ressentir la peur n'est pas le signe d'une toute puissance, c'est celui d'une incapacité à s'écouter.

Peur, moi ? Toujours !
C'est l'autre extrême. Nous avons tous des peurs irrationnelles (non fondées) ou excessives (fondées mais ressenties dans des proportions exagérées). Il convient alors de confronter nos peurs aux éléments factuels et aussi objectifs que possibles, afin de retrouver toutes nos capacités.

En expédition comme en entreprise, pour être performants et sereins, nous avons tous à gagner à savoir écouter toutes nos émotions, dont la peur !

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Marc André Morel

Allumeur d'étincelles

Succès personnel

Aime ce que tu es !

Les gens qui ont les meilleures vies, qui ont une propension au bonheur, ont tous un dénominateur commun : ils ont tous une bonne estime d'eux-mêmes.

L'estime de soi, c'est la valeur que l'on se donne. Que l'on s'attribue un 10, un 4 ou un moins 2 certains jours, ça ne change rien à notre vraie valeur. Elle est toujours de 10 sur 10.

Nous avons été choisis et nous avons tous une raison d'être précise. Il ne nous manque rien pour accomplir notre rôle dans la vie. On peut s'améliorer, devenir une meilleure personne, oui, mais frapper 700 balles de golf avant un tournoi et le remporter ne fait pas de Tiger Woods une personne de plus grande valeur. Un joueur de plus grande valeur oui, mais sa valeur en tant que personne ne change pas.

Pour certains, c'est naturel d'avoir confiance, tandis que d'autres sont plus fragiles. C'est sûr, l'éducation reçue des parents y est pour beaucoup. En fait, on dit qu'un enfant recevra dans sa vie, par jour, une moyenne de 424 messages négatifs et de 19 positifs seulement! " Ne mets pas ça dans ta bouche, Cesse de courir partout, Ne touche pas à ça, arrête de déranger ta petite sour, mais tu es donc stupide! ".

La confiance en soi, c'est un amplificateur ou un réducteur de réussite. Une personne qui n'a pas une bonne estime d'elle-même sabotera non seulement sa propre réussite mais aussi celle des autres.

La confiance, elle, se bâtit d'abord selon ce que l'on pense de nous-mêmes et comment on interprète nos résultats. Faire des choses qui nous font plaisir, rendre service aux autres, avoir des buts et passer à l'action sont autant de choses que l'on peut faire pour nourrir et augmenter notre sentiment de valeur.

Fais ce que tu es,
Fais ce que tu aimes,
Aime ce que tu fais,
Aime ce que tu es.

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Christine Morlet

Négociation

Réussir vos négociations : les grands principes (1/2)

En entreprises comme dans la vie courante, les occasions de négocier sont nombreuses.
Réussir ses négociations, contribue amplement à réussir... tout court !

Principes essentiels :

I. La préparation : une réflexion logique et pratique en 6 points

1. Définissez votre objectif. 90 % des négociateurs n'ont qu'une vague idée de ce qu'ils veulent. C'est une des raisons majeures de leurs échecs !
2. Identifiez ce qu'il vous faut savoir sur l'autre partie. Atteindre ses propres objectifs dépend en grande partie de la capacité de l'individu à identifier et à accorder à l'autre partie ce qu'elle souhaite.

3. Définissez votre stratégie. Attention aux études détaillées de scénarios, qui nuisent à la souplesse de manoeuvre et restreignent les capacités d'adaptation de l'individu. Si l'autre partie sort du chemin balisé des scénarios conçus par son interlocuteur, ce dernier risque vite d'être pris de court ! En pratique, imaginer toutes les réponses et objections de l'autre est rarement la meilleure façon de se préparer.

4. Définissez les modalités d'organisation et les complémentarités au sein de l'équipe de négociateurs. Qui fait quoi, quand, comment, etc. Il s'agit de bien connaître son « profil de préférences cérébrales » (1) et d'aller chercher des coéquipiers avec des profils complémentaires.

5. Définissez ce que vous souhaitez en échange de vos éventuelles concessions. Le négociateur doit définir à l'avance ce qu'il est prêt à échanger, au titre des concessions mutuelles, entre son idéal et ses limites de négociation.

6. Définissez ce que vous êtes prêt à concéder pour atteindre votre cible sur les points clé de la négociation. Pas de négociation sans concessions ! Celui qui part en voulant tout obtenir sans rien donner en échange, n'est pas dans l'esprit de la négociation et court à l'échec sur le long terme.


II. Les 7 éléments clés du « face-à-face »

1. Créez un bon climat, une bonne relation. Toute communication est faite d'un contenu et d'une relation avec l'autre partie, qui doit être de bonne qualité.

2. Concevez un ordre du jour commun. Il convient de faire un exposé factuel de l'historique de la négociation, en précisant les points clés de l'ordre du jour. Ce dernier doit être accepté par l'ensemble des parties et peut, au besoin, être négocié. Il est affiché et chacun doit passer du temps à se concentrer sur celui de l'autre partie.

3. Identifiez la zone d'intérêts communs. Concentrez-vous sur les objectifs de l'autre partie et identifiez l'intérêt de l'autre à négocier avec vous. Sans intérêts respectifs, pas de négociation possible ! Si l'autre partie n'a pas un intérêt à négocier avec vous, elle ne négociera pas. Posez-lui le plus possible de question directes et ouvertes, comme: « Sous quelles conditions seriez-vous prêt à ? », « Certaines circonstances vous permettraient-elles de ? »

4.Faites des synthèses régulières. La discussion doit régulièrement être résumée. Au besoin, la parole peut être passée à une personne mandatée dans l'équipe pour faire les synthèses : on choisira de préférence un collègue dont le profil de préférences cérébrales est « limbique gauche ».

5. Soyez attentif. La « calibration » est le fait d'observer finement son interlocuteur. Elle permet de percevoir, au-delà des mots, ce qu'exprime l'autre. Lorsqu'une personne présente un bon niveau de cohérence entre, d'une part, ce qu'elle montre (comportement) et ce qu'elle ressent (état interne), et, d'autre part, ce qu'elle exprime verbalement, on dit qu'elle est congruente.

6. Sachez être à l'écoute. Le bon négociateur n'est pas celui qui parle le plus ! Écouter activement (par le jeu des questions, les reformulations, etc.) reste la meilleure attitude pour obtenir des informations sur les « préférences cérébrales » de son interlocuteur.

7. Synchronisez. Si la relation est bonne, on remarque un « effet miroir » entre les postures corporelles et les caractéristiques de langage des deux interlocuteurs (rythme, timbre de voix, tonalité, etc.), c'est la « synchronisation ».

(1) « profil de préférences cérébrales » : *** Définition WANTED ***

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Par
Yvon Mougin

Communication

Le service bien compris

J'ai entendu récemment, dans une réunion, le responsable du service 'Propreté' d'une collectivité territoriale s'exclamer :
- Dans le cadre de notre démarche qualité, nous demandons régulièrement à nos clients, leur avis sur notre manière de les servir. Nous le faisons par le biais d'envoi de mails ou d'enquêtes internes.

Pour la bonne compréhension de cette situation, ce service assure le nettoyage des locaux appartenant à la collectivité. Ses clients sont donc des entités internes (les différents services de l'institution).

L'usage du mot 'Servir' a fait bondir les autres participants, tous responsables de diverses fonctions.
- Tu n'es pas au service des autres. Tu es un professionnel qui fait son travail avec efficacité. Tes collaborateurs et toi même n'êtes pas des larbins à notre service. Je ne comprends pas que tu utilise ce terme là !

Il est vrai que ce mot a hérité du passé une connotation excessivement négative. Les termes « servir » et « service » sont en effet assez mal vus du commun des mortels.

Pour s'en convaincre, il suffit simplement d'ouvrir un dictionnaire. Les différents sens des mots « servir » et « service » sont nombreux. Pour ce qui concerne le poids du passé, on peut se référer au Littré qui nous dit : " Service : état, fonction d'un domestique. "
Cela démarre très fort !

Plus moderne, le Larousse nous informe que « servir », c'est :
S'acquitter de certains devoirs, de certaines fonctions envers quelqu'un, une collectivité. Servir sa patrie, servir Dieu, servir l'Etat.

Pire encore, les métiers dérivés de « servir » ou de « service » ne sont pas auréolés de prestige. Par exemple: serviteur, servante, serveur.

Encore plus pire (!!!) : l'étymologie. « Servir » vient du latin « Servitium » qui signifiait « esclavage » et qui a dérivé en serf, servage, servitude, etc. L'esclave en latin était nommé « servius » et être asservi s'écrivait « servire ».

Ce n'est donc pas étonnant, bien que, comme disait ma chère grand-mère, il n'y ait pas de sot métier, que l'on ne trouve pas de grandeur dans l'acte de servir mis à part lorsque cela s'applique à l'état ou à l'église. Et encore, dans ces cas de figure il est question essentiellement de « devoir ».

Nulle part dans les définitions officielles il n'est fait mention de la relation entre celui qui travaille (qui exerce honorablement son métier) et celui qui profite des fruits de ce travail autrement dit entre celui qui donne (ou qui vend) et celui qui reçoit (ou qui achète), le client quoi !

Imagine-t-on de dire à un collègue qui utilise le rapport que nous produisons régulièrement :
- T'ai-je bien servi cette semaine ?
Non n'est-ce pas.

Et pourtant c'est ce que nous faisons tous à travers nos activités professionnelles. Nous servons les autres, nous leur apportons des produits, des biens de consommation, de la culture, des renseignements des expertises, des voyages des divertissements, des routes, des maisons,

Être au service de quelqu'un ce n'est pas être asservi par ce quelqu'un. C'est au contraire apporter une prestation de professionnel à qui en a besoin.

N'oublions pas qu'au bout de notre travail, il y a toujours un client que l'on sert.

C'est le service bien compris.

Yvon mougin est auteur de plusieurs livres, dont "Vive l'entreprise ! Vive nous !", un petit guide de survie à l'usage des entreprises et des individus.

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